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Le mystère de l’ornitho

15 mai 2008

Mon abonnement à Nature est décidément un très bon achat ! J’ai particulièrement aimé l’édition spéciale consacrée à la traduction et au diagnostique moléculaire du cancer. Je ne m’attendais toutefois pas à ce que Nature me fasse rire…

Or, dans l’édition du 8 mai que je viens tout juste de recevoir se trouve un article de 9 pages intitulé “Genome analysis of the platypus reveals unique signatures of evolution”, ce qui accompagne la tête d’ornithorynque en gros plan sur la page couverture !

Un article sur le même sujet a aussi été publié sur le site de Nature : “Top billig for platypus at end of evolution tree”. Il faut cependant être abonné pour y avoir accès. Pour plus d’informations, je vous conseille donc ce qu’a trouvé mon frère sur Cyberpresse : « L’ornithorynque: un oiseau, un reptile et un mammifère, confirme son génome ».

Un ornithoPour en revenir à Nature… Ces articles scientifiques mettent en évidence les caractéristiques des mammifères, des reptiles et des oiseaux que possède Ornithorhynchus anatinus afin de trouver la place qu’il occupe dans l’arbre phylogénétique de l’évolution. Ainsi, notre gentil petit monotrème (à la fois mammifère et ovipare) a des pattes palmées, des crochets à venins, une queue de castor, un bec de canard et de la fourrure. Encore plus étrange, il est doté du sens de l’électrolocalisation, c’est-à-dire qu’il peut repérer ses proies par les champs électriques que produisent leurs contractions musculaires.

Fait intéressant, pour allaiter les petits, l’ornithorynque n’a pas de mamelons, mais bien de simples pores à travers lesquels le lait peut sortir.

“The analysis shows that the platypus has genes for the family of milk proteins called caseins, which map together in a cluster that matches that of humans. This is a sign that one of the genetic innovations that led to the development of milk occurred more than 166 million years ago, and after mammals first split from the lizard-like sauropsids that gave rise to modern reptiles and birds.”

De plus, dans le mode de développement des jeunes, notre chimère partage des procédés avec les marsupiaux et possède des gènes de fertilisation ayant jusqu’à maintenant été retrouvés uniquement chez les poissons, les amphibiens et les oiseaux.

Bref, l’ornithorynque n’a vraiment rien de normal ! Même la détermination génétique de son sexe ne ressemble à rien d’autre :

“The sex of the platypus is determined by a set of ten chromosomes, an oddity that sets it apart from all other mammals and from birds.”

Décidément, on se trouve devant un mystère. Le petit monotrème que je trouve plutôt mignon a un grand potentiel pour les scientifiques. En comprenant les mécanismes et les origines de son évolution et en différenciant ses caractéristiques analogues ou homologues, c’est toute l’histoire de l’évolution qui pourrait s’éclaircir, particulièrement les transitions entre les reptiles, les oiseaux et les mammifères.

“There is nothing quite as enigmatic as a platypus.”

2 commentaires

  1. Platypus power ! Je veux en flatter un.


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